Dans quel contexte mon corps s’est mis à changer… Apprendre à changer

Dr Dominique Boute

L’histoire de Carole illustre l’importance, quand on retrace une histoire de poids, d’évaluer les facteurs qui ont pu influencer la prise de poids. C’est cela tirer les leçons de son histoire. Cela me parait fondamental car cela permet d’une part de commencer à être « indulgent avec soi même » ce qui est le point de départ d’une plus grande bienveillance envers soi et d’autre part de faire le point sur ce qu’il va être nécessaire de travailler pour réussir à changer. Ce n’est pas se chercher des excuses mais s’appuyer sur ce que l’on a appris pour changer.

En thérapie stratégique, cela s’appelle sortir du « toujours plus qui ne marche pas » que l’on a souvent tendance à reproduire. C’est ce que l’on a appelé le changement de type 2 : apprendre à changer.

Quand la tentative de solution de mon problème devient mon problème…

C’est le cas par exemple du cercle vicieux des régimes… « Je fais régime strict, je perds du poids, je finis par me frustrer, je craque, j’arrête le régime et je reprends plus de poids »… Quel est le problème ? le régime qui a conduit à une aggravation du poids. La tentative de solution : « Faire Régime » est devenue le problème : « Un facteur d’aggravation du poids ». Nous avons déjà évoqué ce point sur la nécessité d’envisager les changements sur le long terme : l’efficacité d’une mesure pour maigrir ne se mesure pas au nombre de kilos perdus mais à la perte de poids que l’on a réussi à stabiliser longtemps.

Dans quel contexte, mon corps s’est mis à changer…

Pour Carole dans l’exemple ci-dessus, le déclencheur a été le facteur émotionnel et qu’il y a 2 éléments dans cet exemple : le harcèlement qui s’avère être un réel psychotraumatisme et ses « scénarios de vie » autour de la réussite professionnelle, ses apprentissages sur la nécessité de prendre sur soi, de ne pas montrer… C’est cela que l’on peut appeler « la stratégie de fonctionnement ». Cela a marché pendant des années, mais là le modèle ne fonctionne plus ou à un prix trop lourd à payer : celui de la souffrance du corps. La question qui devient alors légitime est : « De quoi j’ai besoin pour continuer à fonctionner ? » ou autrement dit : « Sur quoi j’ai besoin de travailler, pour développer un nouveau mode de fonctionnement avec un prix moins lourd à payer ? »

C’est finalement là l’importance de resituer le contexte dans lequel le poids, le corps s’est mis à changer. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est ces différents éléments s’installent parfois sur des années. L’élément déclencheur est parfois un révélateur d’un épuisement qui s’est installé progressivement depuis des années.

L’enjeu de la psychosomatique ou de la somatopsychique…

C’est là l’enjeu de la psychosomatique autrement dit l’enjeu des relations entre le corps et l’esprit dans l’apparition de maladies. Quand on parle d’affections psychosomatiques, on entend souvent dire que « c’est dans la tête que cela se passe »… Grave erreur : la psychosomatique s’exprime par le corps, même si l’élément favorisant est un facteur psychique. C’est pour cela que j’invite toujours à réfléchir au contexte où mon corps s’est mis à changer. Les relations entre le corps et l’esprit sont permanentes et cela fonctionne dans les deux sens : l’esprit influence le corps, le corps influence l’esprit… On ne peut pas séparer le cerveau du reste du corps. On ne peut pas séparer le psychique du reste du corps. Le soucis c’est que, le plus souvent, on ne fait pas les liens spontanément car on vit les évènements et il est difficile d’avoir soi-même le recul nécessaire pour faire le lien entre « évènements de vie et changement du corps ». C’est l’objectif de retracer l’histoire de son poids et de mettre en parallèle les grandes étapes de sa vie.

Regarder son histoire et en tirer les leçons…

Tirer les leçons c’est ainsi mieux définir ce sur quoi il va être nécessaire de travailler. Si le déclencheur (comme c’est souvent le cas) est émotionnel, il va falloir travailler la régulation émotionnelle. Si le déclencheur est un problème d’affirmation de soi, il va falloir travailler l’affirmation de soi. Si le problème est thyroidien, il va falloir traiter la thyroide… Si le problème est la sédentarité, il va falloir se remettre à bouger… etc. etc. etc. Le problème c’est que les facteurs sont souvent intriqués. On traverse un moment difficile, on a moins le moral et on est plus fatigué, on arrête le sport, on grossit ce qui donne encore moins envie de bouger etc. etc.

En fait sur un plan stratégique, quand on a fait le point sur son histoire, c’est pouvoir :

  • en tirer toutes les ressources, tous les apprentissages
  • définir les changements que l’on souhaite voir apparaître compte tenu des leçons que l’on a pu tirer
  • mettre en route les actions avec une priorité sur la partie émotionnelle : retrouver de l’apaisement pour pouvoir agir et se rendre disponible à soi

Alors, faites le point sur votre propre histoire et rejoignez votre compagnon Motivation pour commencer le vrai changement.

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